Principes du Bushido

La rectitude :

Esprit de raison droite et de justice.

Un BUSHI célèbre la définit ainsi :  » La rectitude est le pouvoir de prendre, sans faiblir, une décision dictée par la raison. Mourir quand il est bien de mourir, frapper quand il est bien de frapper « .

Un autre BUSHI dit :  » La rectitude est l’ossature qui donne la fermeté et qui vous tient droit. Comme, sans os, la tête ne peut rester au sommet de l’épine dorsale, ni les mains se mouvoir, ni les pieds porter le corps, ainsi sans la rectitude, ni le talent ni le savoir ne peuvent faire d’une carcasse humaine un samouraï. Si l’on a la rectitude, les talents sont secondaires « .

L’épithète  » gishi «  (homme droit) est regardée comme supérieure à tout titre exprimant la perfection dans les sciences ou les arts. Les célèbres 47 ronins, fidèles samouraïs, sont connus dans le langage courant, comme 47  » gishis « .

La rectitude est dans la conduite l’expression de la valeur. Mais cette rectitude pourrait dégénérer si elle n’était soutenue, par l’audace et l’endurance du courage.

Le courage :

Esprit d’audace et d’endurance.

Confucius définit ainsi le courage :  » Sachant ce qui est juste, ne pas le faire démontre l’absence de courage. Donc, le courage est de faire ce qui est juste « .

Courir toutes sortes d’aventures désordonnées, s’exposer sans raisons justes, n’est pas de la bravoure. Un prince samouraï disait :  » C’est le propre du vrai courage de vivre quand il faut vivre, et de mourir seulement quand il faut mourir « . Platon définit le courage :  » La connaissance des choses qu’un homme doit craindre et de celles qu’il ne doit pas craindre « . Cette définition platonicienne est sans doute inspirée par les stoïciens dont c’est aussi la conception.

Valeur, intrépidité, courage, sont des expressions de la noblesse d’âme.

Un homme vraiment brave garde toujours sa sérénité et sa lucidité. Rien ne trouble son égalité d’âme. Dans les catastrophes, les dangers, les souffrances, la mort, il garde la maîtrise de soi.

L’impassibilité, c’est le courage au repos. C’est une manifestation immobile de la valeur dont les actes audacieux sont l’expression dynamique. Maîtrise et impassibilité ne sont ni contrainte ni raideur, mais détente et paix, issues de l’absence de peur.

L’absence de peur résulte du don total de soi, sans réserves, à une vérité plus grande que soi. Cette Paix intérieure donne l’aisance dans le danger, même s’il est extrême.

C’est ainsi que les samouraïs, férus d’élégance morale, improvisaient souvent des poèmes sur le champ de bataille, en l’honneur de leurs ennemis dont ils appréciaient la bravoure ou l’habileté. Un samouraï disait  » L’homme de valeur et d’honneur estime, comme ennemis en temps de guerre, ceux qui sont dignes d’être des amis en temps de paix. Le succès d’un ennemi estimé est aussi celui du samouraï « .

A ce degré de valeur, l’attitude normale vis-à-vis des autres est une haute humanité qui engendre la bonté.

La bonté, l’humanité :

BUSHI NO NASAKE : la tendresse d’un guerrier, ces mots éveillent tout de suite un sentiment noble.

Cette tendresse est la bonté qui est un sentiment de pitié virile, conscient, équilibré par une raison ferme. Les plus braves sont les plus tendres, et ceux qui aiment sont ceux qui osent.

La pitié, lorsqu’elle n’est qu’un réflexe, peut être à la base de sentiments apparemment humains. Cependant, elle n’est souvent que la traduction d’impulsions, d’angoisse, de faiblesse, de peur ou d’une obsession de culpabilité.

Mais, lorsqu’elle naît chez un homme qui possède la rectitude, le courage, le sens de l’honneur, et dont la valeur est réelle, alors elle est pure. Son humanité est vraie. Seul celui qui est fort, désintéressé, maître de soi, peut avoir une pitié et une bonté authentiques.  » Le pardon est la parure du guerrier «  (Mahatma Gandhi).

La force, pour un homme désintéressé, n’a de sens que pour protéger la faiblesse.

La faiblesse physique ou morale ou celle de l’adversaire vaincu, ont droit à la protection du fort.

C’est la vérité de la force et son honneur.

Une antique maxime du BUSHIDO dit :  » Il n’est pas convenable pour le chasseur de tuer l’oiseau qui se réfugie dans son sein « .

Parallèlement à la culture des arts martiaux et des vertus viriles, le BUSHIDO cultive le sens de la beauté dans la musique, les arts, la poésie et une exquise sensibilité esthétique.

La sensibilité et la forte tendresse du chevalier lui donnent la possibilité de compatir aux souffrances d’autrui. Le respect des autres, le souci de les honorer et de ne pas leur causer de troubles et de peines inutiles, le conduisent à développer en lui la courtoisie et la politesse.

La politesse :

Si la politesse n’est que conventionnelle, elle n’a qu’une valeur limitée extérieure et superficielle.

Mais pour le samouraï, le chevalier, elle est d’abord l’expression de sentiments profonds, d’égards pour les autres, de modestie pour soi.

Elle traduit la Tendresse humaine du samouraï, son désintéressement, son respect pour le valeur ou pour la faiblesse d’autrui.

Dans sa forme la plus élevée et la plus consciente, la politesse confine à l’amour.

La codification des gestes et du cérémonial de la politesse constitue l’étiquette qui encadre la vie.

Cette étiquette, enseignée dès l’enfance, permet de discipliner les passions, et rend possibles et agréables les rapports sociaux. Dans les dojos où cette étiquette est indispensable, elle a la même utilité. Mais, en plus, elle peut faire éclore en chacun les sentiments qui correspondent aux gestes et au cérémonial. De même qu’une attitude grossière, le laisser-aller, les positions négligées ou désinvoltes favorisent les sentiments bas et vulgaires, de même, une attitude noble, correcte, respectueuse, favorise l’épanouissement de sentiments nobles et élevés.

Quel que soit l’acte à accomplir il y a, selon le judo, une façon économique de le faire.

Un acte accompli selon le principe d’économie de l’énergie est toujours gracieux, une forme conçue pour une telle action est toujours belle.

C’est pourquoi les cérémonials du BUSHIDO, comme celui de la cérémonie du thé, par exemple, sont empreints de noblesse et de beauté.

Un novice peut trouver fastidieux les gestes et les formes des cérémonials et des étiquettes. Mais, rapidement, il découvrira que les manières prescrites sont celles qui épargnent le plus la dépense d’énergie.

Une des écoles Japonaises les plus célèbres pour l’étiquette, l’Ogasawara, a popularisé la maxime suivante :  » Le but de toute étiquette est de cultiver votre esprit de telle manière que, même lorsque vous êtes tranquillement assis, l’idée ne puisse même pas venir au plus grossier des hommes d’oser vous attaquer « .

Si la grâce d’un acte résulte de l’économie d’énergie dans son accomplissement, il s’ensuit que la pratique constante de gestes gracieux implique une épargne et une accumulation d’énergie. De belles et courtoises manières sont donc, aussi, de la force au repos.

La cérémonie du thé  » CHANO-YU  » est un art très pur, une forme extérieure de le discipline de l’âme. L’aisance paisible des gestes, la sérénité, le calme de l’esprit, la propreté scrupuleuse de la petite salle retirée du tumulte mondain, sont les premières conditions pour penser et sentir juste.

La bienséance, la courtoisie, résultent de mobiles de bonté et de modestie et de sympathie pour la sensibilité des autres.

Cette sympathie veut que nous pleurions avec ceux qui pleurent et nous réjouissions avec ceux qui sont heureux.

D’innombrables petits actes dans la vie quotidienne matérialisent cet état d’esprit, soucieux d’égards pour la sensibilité et le bien-être d’autrui.

Ces manifestations de politesse peuvent mettre en conflit – en nous – les notions de vérité et de bienséance.

La politesse traditionnelle japonaise donne la primauté à la bienséance. Dans bien des cas, l’Occident en fait autant. C’est une question de discernement. Mais, le fait que le dilemme puisse se présenter, démontre l’importance de la politesse qui est une forme de la bonté.

Pour le samouraï cependant, comme pour le chevalier, la racité et la sincérité sont les fondements de la vie.

Véracité, sincérité, loyauté :

Masamme a dit :  » La bienséance poussée à l’extrême devient un mensonge  » et un ancien poète a déclaré :  » Sois fidèle à toi-même ; si dans ton coeur tu ne t’écartes pas de la vérité, tu n’auras pas besoin de prier les Dieux pour être efficacement protégé « .

Confucius va plus loin :  » La sincérité est la fin et le commencement de toutes choses, sans la sincérité, rien n’existerait « .

L’idéogramme chinois qui signifie sincérité est une combinaison de  » Parole  » et de  » Perfection « .

Le BUSHIDO tient le mensonge ou l’équivoque pour une égale lâcheté. BUSHI NO ISHIGON parole de samouraï, comme en allemand, RITTERWORT : parole de chevalier, sont une garantie suffisante. Une promesse ainsi faite est tenue, sans preuve nécessaire de cet engagement.

Il n’y a pas de différence entre Vérité et Réalité. Cependant il peut exister des préséances entre le Vrai et le Réel. C’est alors que doit intervenir le discernement.

Si un malade demande à un médecin :  » quelle est la gravité de mon état ? « . Le médecin en répondant :  » ce n’est pas grave, vous serez bientôt guéri « , bien qu’il sache le contraire, obéit à une vérité d’un ordre supérieur : 1°) préserver le moral, dont les chances minimes de guérison de son malade ; 2°) ne pas troubler et accabler inutilement son prochain et son entourage.

Il en est de même de la politesse. Parfois dire la vérité est une cruauté inutile. Cacher une disgrâce, une laideur, une antipathie est un acte de compassion qui obéit à une réalité d’un ordre supérieur à la Vérité immédiate.

Dissimuler ses propres tourments ou souffrances physiques et morales traduit aussi le souci de ne pas troubler ou peiner les autres. Mais, là encore, c’est le discernement qui détermine les limites et l’opportunité de cette attitude. Il suffit d’être en accord de vérité en soi-même, mais avec une sincérité totale. En matière d’éducation des enfants et des hommes, la louange est un puissant stimulant.  » Appelez quelqu’un voleur et il volera  » ; par contre dites-lui :  » tu es honnête et loyal « , et il aura du mal à déroger, même s’il y est enclin. Ici, la louange anticipe sur la réalité à venir. L’éducateur, le maître ou l’ami s’appuie sur la vérité profonde des possibilités de chaque homme, plus vraie que son état actuel.  » La conscience normale s’élève jusqu’au plan où on l’appelle, mais elle tombe facilement au niveau inférieur si on le lui assigne  » (Hugh Black).

Manier la vérité immédiate n’est donc pas si facile, demande un long, constant entraînement et un amour inconditionnel de la vérité la plus haute.

La loyauté est l’expression de l’amour de la vérité, de la sincérité et du respect d’autrui. L’honnêteté est l’expression de la rectitude, de la justice et de la sincérité, dans les rapports d’intérêt avec les autres hommes et la société.

La passion du BUSHIDO pour la franchise, la loyauté, a sa source dans le courage, mais aussi dans le besoin de limpidité, de pureté, d’harmonie et de cohérence. Tout ce qui entache cet état est déshonorant.

Une fausse attestation, un mensonge sont ressentis comme une indigne lâcheté, comme une faille intérieure dans l’armure, ou une paille dans l’acier de l’épée du chevalier.

Un critère fondamental de la vérité et de la sincérité d’un homme est son désintéressement, ou détachement de l’intérêt personnel. L’action et la vie chevaleresque sont d’abord désintéressés.

LE DÉSINTÉRESSEMENT OU DÉTACHEMENT :

Si une action ou une attitude ont pour objet notre profit personnel, elles sont entachées d’égoïsme et de sentiment possessif. Elles ne peuvent donc être conformes à la vérité et à la réalité qui comprennent mais dépassent notre personne. L’intérêt personnel, l’amour excessif de notre corps ou de nos possessions faussent notre vision du réel.

La pratique de la véracité, de la sincérité, de la rectitude, du courage, de la politesse, de la bonté, de l’amitié, de la gratitude, de la loyauté vident notre nature de l’attachement au corps et aux possessions. Alors, la dévotion à la vérité nous habite et prend toute la place. Les calculs, seulement personnels, ne peuvent plus prendre naissance. Le samouraï, le chevalier, sont les serviteurs de ce qui soutient et développe l’humain dans l’humanité. C’est pourquoi leur action est gratuite pour la Vérité et pour la Beauté.

L’emblème du samouraï est le Sakura, fleur du cerisier Japonais, qui s’ouvre pour la seule beauté, et ne produit pas de fruits. Quand elle a délivré son message de beauté, elle tombe et meurt. Elle est le symbole du désintéressement total.

Les Maîtres en Orient, que ce soient des Maîtres d’Arts Martiaux, d’autres Arts traditionnels, ou des Maîtres de Sagesse, enseignent gratuitement, parfois ils logent et nourrissent leurs disciples. Ces derniers, à leur tour, servent leur Maître dans toute leur vie domestique, attendent patiemment son enseignement et lui obéissent totalement, en toutes choses. Le Maître choisit ses disciples, accepte ou non les candidats. Ce que le Maître ne peut se payer,  » n’a pas de prix « , la valeur en est inestimable.  » Mes parents m’ont donné un corps et une éducation, mon Maître a fait de moi un homme « . Seule une gratitude infinie peut équilibrer un don illimité. Souvent, plus tard, le disciples met aux pieds de son Maître le meilleur de ce qu’il possède et parfois de véritables fortunes. Le Maître utilise ces dons pour loger, nourrir, enseigner de nouveaux disciples, non pour s’enrichir.

De nos jours, et en Occident, de semblables cycles et liens semblent difficiles. Toutefois, il convient que le Maître considère toujours qu’il enseigne gratuitement, et que le profit n’est pas le but de son enseignement.

Il convient aussi que le disciple ne considère pas qu’il  » paye  » le Maître, ni qu’il  » achète  » son enseignement, mais que, s’il verse des émoluments ou cotisations, ce sont de simples offrandes sans équivalence avec ce qu’il a reçu. Ainsi le Maître et le disciple restent libres et dignes, et ne sont liés que par la générosité, l’estime et la gratitude.

Le simple savoir pourrait, à la rigueur, s’acheter. Mais la formation et la connaissance, elles, sont sans prix. Le désintéressement et le détachement sont essentiels pour que naissent le courage, la loyauté, le dévouement pour un Maître, ou un idéal qui peut aller jusqu’au don de la vie. Notre vie ne vaut d’ailleurs d’être vécue que si on peut l’offrir à ce qui est plus grand qu’elle.

Le sens de l’honneur est fils de cette générosité totale, il est un des principes essentiels du BUSHIDO.

L’honneur :

Ayant, par avance, donné sa vie, le samouraï, comme le chevalier, n’existe plus que par sa valeur, la noblesse de son esprit, la dignité de son état. Le terme honneur exprime cette existence spirituelle. Cette vie supérieure est  » la partie immortelle de soi, le reste étant matériel « .

Toute atteinte à l’intégrité de cet état, donne un sentiment de honte, REN-CHI-SHIN surtout si elle est due à un écart de conduite du chevalier lui-même. Dans ce cas, l’honneur de l’homme est en jeu et sa vie intérieure est en danger.

Le sens du déshonneur est ainsi le stimulant suprême pour corriger la conduite.

Au Japon, les enfants sont élevés avec un sentiment aigu de l’honneur, leurs parents manifestent eux-mêmes un attachement plus grand à l’honneur qu’à la vie. Et ils ont raison. Quelle peut être l’existence d’un homme qui a perdu l’estime de soi ?

Cette estime indispensable, basée sur la valeur que la noblesse d’âme confère, est le sentiment de l’honneur.

Un samouraï, dans sa jeunesse, refusa de laisser entamer sa réputation par une compromission légère :  » parce que, disait-il, le déshonneur est pareil à une cicatrice sur un arbre que le temps, au lieu d’effacer, agrandit tous les jours « .

Meng-Tseu avait enseigné la crainte de la honte est la terre où poussent toutes les vertus, les bonnes manières et les bonnes moeurs.

Mais ce sens de l’honneur, s’il est mal compris, a donné lieu, chez les chevaliers et samouraïs, à des exagérations morbides. Ceux qui n’avaient sacrifié, par avance, que leur corps, mais cultivaient inconsciemment un égoïste amour d’eux-mêmes et un orgueil arrogant, croyaient, pour un oui ou un non, devoir laver dans le sang de pseudo-atteintes à leur honneur.

Heureusement, chez les samouraïs, s’offenser d’une provocation légère était ridiculisé comme un manque de contrôle de soi. Supporter ce qu’on croit ne pas pouvoir supporter voilà qui est réellement supporter est un dicton populaire. Le grand Yeyasu Togukawa, que nous pourrions surnommer le Richelieu nippon, qui fit d’une main d’acier l’Empire solide comme un diamant, disait entre autres :  » La vie de l’homme est une route longue avec un lourd fardeau sur les épaules. Pas de hâte… Pas de reproches à autrui ; mais sois attentif à tes propres erreurs… La patience est ce qui berce la longueur des jours « .

Si le rossignol qu’il aimait ne se décidait pas à chanter, il disait paisiblement :  » Eh bien, j’attendrai qu’il change d’humeur « .

Par sa vie, il a prouvé que ce n’était pas seulement des mots.

Certains disciples du BUSHIDO pouvaient atteindre un haut degré de douceur pacifique. Tel Ogawa :  » Quand les autres disent toutes sortes de mal de toi, ne rends pas le mal pour le mal, mais réfléchis que tu n’a pas été non plus toujours fidèle dans l’accomplissement de tes devoirs « .

Et encore Kumazawa :  » quand d’autres te blâment, ne les blâme pas. Quand d’autres sont en colère contre toi, ne le sois pas contre eux. La joie ne vient que lorsque la passion et le désir sont partis « .

Meng-Tseu disait :  » Il est dans la nature de tout homme d’aimer l’honneur, mais ce qui est vraiment honorable réside en chacun et non ailleurs. L’honneur que les hommes confèrent n’est pas le véritable honneur « .

L’approbation des hommes et la gloire du monde n’est pas l’honneur.

Mais l’honneur est attaché à la manière d’être, à la fidélité, à la parole, à un ami, un Maître, un Idéal, ou à la vérité. C’est pourquoi le devoir de fidélité est un des piliers du BUSHIDO.

Le devoir de fidélité :

Le sentiment de fidélité a, dans le BUSHIDO, une importance capitale. Au Moyen Age, la fidélité et la loyauté étaient les sentiments qui liaient le vassal au suzerain. Le serment d’allégeance liait le vassal au suzerain jusqu’au sacrifice de la vie.

De nos jours, ce lien a évolué, tout au moins dans certaines civilisations occidentales, mais il n’a pas pour autant disparu. Bien que, dans certains pays d’Occident, on prête encore maintenant serment au souverain, Roi ou Empereur, qui incarne la patrie. Aujourd’hui, il convient de faire preuve de fidélité et de loyauté, par exemple à l’égard de sa patrie, y compris, pour la défendre, l’éventuel sacrifice de la vie. Celui qui se dérobe à ce devoir est considéré comme un lâche ou un traître.

Ce sentiment de fidélité et de loyauté existe aussi, avec la même intensité, chez les fidèles de certaines religions, philosophies, systèmes sociaux ou politiques.

Parfois, même, la fidélité, la loyauté ne s’exercent pas seulement à l’égard d’idéaux, mais aussi à l’égard d’hommes qui semblent incarner ces idéaux.

En Chine, Confucius faisait de la fidélité et la loyauté à l’égard des parents le premier des devoirs humains. Dans l’Inde, ces devoirs occupent une grande place. Au Japon également. Mais, dans l’Inde, la première place revient au Maître spirituel ; au Japon, elle revient à l’Empereur qui incarne pour les japonais le YAMATO, l’âme même du pays.

Ce qui est important, c’est que, quel que soit le motif, l’objet de la fidélité et du loyalisme, ce sentiment existe.

Tel sera capable de vivre, mais aussi de mourir pour son Roi, son Empereur, ses parents, tel autre pour sa religion, sa patrie, sa philosophie, son parti politique, etc.

Mais, toutes ces fidélités et loyautés, ont un dénominateur commun. C’est la consécration de sa vie à quelque chose de plus grand que soi, et que les possessions humaines ou matérielles.

Celui qui ne vit que pour soi ou ses possessions humaines ou matérielles, est un vivant de qualité médiocre, qui ne sauvera finalement aucune de ses possessions, ni même sa vie, puisque tôt ou tard il mourra.

L’adepte du BUSHIDO offre sa vie entière à l’idéal qui lui semble le plus vrai. Ainsi, c’est sous la forme de cet idéal, l’amour de la vérité qui l’anime. Le sens du devoir en résulte.

Le BUSHIDO tranche dans ce sens, et ses adeptes connaissent de cruels dilemmes, où il faut choisir entre plusieurs devoirs, celui qui est le plus élevé.

Sanyo raconte de façon émouvante la lutte intérieure qui déchire Shigemori lors de la rébellion de son père contre son suzerain :  » Si je suis loyal, mon père est perdu ; si j’obéis à mon père, je manque à mon devoir envers mon Souverain « . Il priait de toute son âme pour que le Ciel ait la clémence de lui envoyer la mort.

Dans nul autre pays la piété filiale n’est plus grande qu’au Japon. Pourtant le BUSHIDO choisit sans hésiter la fidélité et le loyalisme au souverain, au chef.

Les femmes, elles-mêmes, élèvent leurs enfants dans cet esprit et les encouragent à se sacrifier s’il le faut.

Et, l’Etat étant considéré comme ancêtre des individus et représentant la continuité après eux, l’individu est inféodé aux lois de l’Etat. Déjà Socrate, universellement estimé et aimé, pouvait facilement s’enfuir et sauver sa vie, supplié par ses disciples de quitter le pays. Il refusa et bût la ciguë, plutôt que de ne pas accepter la condamnation, même injuste, des tribunaux de la cité. Il voulut, en mourant dignement et paisiblement, donner à ses disciples l’exemple du courage, de la fidélité et de la loyauté à l’égard de l’Etat.

Cependant, le BUSHIDO, s’il enseigne la fidélité et la loyauté à un Maître ou à un suzerain digne de cette consécration, ne demande pas de sacrifier sa conscience à qui n’en est pas digne. En pareil cas, le devoir du samouraï est d’employer tous les moyens possibles pour persuader le Maître ou le Suzerain de ses erreurs.

Autrefois, il était d’usage courant après un dernier appel à son intelligence et à sa conscience, qu’en cas d’échec, il atteste sa réprobation et sa sincérité en versant son propre sang. Parfois, il en est encore ainsi de nos jours.

Celui qui, sous couleur de dévouement, mais en réalité pour des motifs égoïstes d’intérêt personnel, est servile et plat avec un Maître ou un Suzerain indigne, est méprisé par ses pairs. On le dit NEI-SHIN ou CHO-SHIN.

L’honneur, l’éducation et le courage des samouraïs s’opposent à toute servitude obséquieuse.

De nos jours, les principes directeurs du BUSHIDO restent toujours vrais, mais doivent être adaptés à des situations nouvelles.

Dans le judo et les Arts Martiaux, les relations de Maître à disciple sont le grand idéal humaniste traditionnel. Son application dans la vie tout entière offre un large champ de réalisation des principes du BUSHIDO. Il convient donc que les ceintures noires s’en inspirent, le respectent et le vivent.

Mais les relations Maître-disciple sont impossibles sans modestie.

La modestie :

Comme toutes les autres bases du BUSHIDO, la modestie a ses véritables racines dans la sincérité et la vérité.

Une modestie, qui n’est qu’une forme purement extérieure de la politesse, ou une habileté pour se concilier l’opinion, n’est pas la véritable modestie.

Une fausse modestie peut être une des formes les plus dangereuse de la vanité, ou de la peur :  » Je me mettrai si bas, que nul ne pourra m’y mettre davantage « , n’est rien d’autre que la formule d’un calcul bassement utilitaire.

Un grand sage de l’Inde, Shri Ramakrishna, a dit :  » Nul orgueil qui exalte la gloire de l’âme n’est de l’orgueil. Nulle humilité qui abaisse la gloire de l’âme n’est de l’humilité « .

L’homme vraiment modeste ne désire pas s’abaisser, mais simplement s’apprécier, selon la vérité et la justesse, avec sincérité et honnêteté. La vanité aime plastronner, même si elle proclame une valeur irréelle ou médiocre. Le désir d’être admiré, aimé, respecté, pour légitime qu’il soit, n’est admissible que si la valeur est authentique.

Ce désir est à l’origine de bien des exploits et aussi de bien des erreurs. Lorsque la valeur est un état réel, vraiment intégré en celui qui la possède, elle est, pour lui, un état normal. Lorsque les organes du corps sont en bon état et fonctionnent normalement, ils ne sont pas ressentis. Celui dont la vue est bonne ne songe pas à proclamer j’ai des yeux. Celui dont le coeur bat sainement ne s’étonne pas et ne s’écrie pas j’ai un coeur. Un homme naturellement fort, ne pense pas à sa force, ni un homme intelligent à son intelligence. Nul ne songe à claironner : je suis un homme, car il l’est.

Celui qui dit :  » Je suis modeste » , cesse de l’être à cet instant précis.

Le culte de la modestie consiste donc, d’abord, à être conscient de l’immodestie et de la propension à affirmer, à soi-même et aux autres, des valeurs inexistantes ou embryonnaires.

Il consiste, ensuite, à concentrer l’attention sur ce qui manque, objectivement, sans humilité pathologique, mais avec la volonté résolue de se transformer.

Enfin, il est important de savoir apprécier, respecter et aimer la valeur chez les autres, amis ou ennemis, et les prendre pour référence. On risque peu à peu les surestimer, tout en les sous-estimant.

Il convient d’être particulièrement attentif à la stature du Maître qui accepte de nous enseigner. L’admiration, la gratitude, la confiance, engendrent la véritable humilité et le respect, autre pilier du BUSHIDO, sans lequel aucune relation humaine n’est possible.

Le respect :

Sans modestie aucun respect n’est possible, sans respect aucune confiance ne peut naître. Sans confiance aucun enseignement ne peut être donné, ni reçu.

 » L’eau ne peut couler du réservoir que si le récipient est mis dessous. S’il est placé dessus, il ne s’emplit pas « .

Celui qui enseigne verbalement des éléments qui s’adressent à l’intelligence et à la mémoire est appelé professeur. Celui qui est ainsi enseigné est un élève. Ce qui est enseigné là, est de la nature du  » savoir « . Cela peut être retenu ou oublié. Les relations entre professeurs et élèves demeurent généralement extérieures et superficielles.

Il en est tout autrement de l’enseignement qui entraîne et exige une profonde transformation physique, psychique, morale ou spirituelle. Cet enseignement est de l’ordre de la «  connaissance « . Celui qui enseigne et préside à cette transformation a le titre de  » Maître « , celui qui reçoit cet enseignement, accepte les disciplines, et accomplit sa transformation, reçoit le nom de disciple. La relation Maitre-disciple est, humainement, la plus haute qui soit.

En Orient, où pourtant l’amour de la famille et la piété filiale sont plus profonds que partout ailleurs, le Maître est placé au-dessus des parents.

En Inde on dit :  » La mère vaut dix pères, mais le Maître vaut dix mères « .

Au Japon :  » Mes parents m’ont donné un corps et une éducation, mon Maître fait de moi un homme « .

Cette relation humaine élevée est encore vivante en Orient. Depuis le Moyen Age, elle a pratiquement disparu en Occident. C’est pourquoi la civilisation occidentale est une civilisation de tête, mécanique, et qui se préoccupe avant tout du bien-être matériel, de la santé, et de la durée du corps.

Ce n’est certes pas négligeable mais ne peut être le but de la vie. Tout ce qui reste d’humain dans cette civilisation est une survivance, envers et contre tout, de préceptes religieux et de l’esprit de chevalerie. La jeunesse actuelle a soif de ce rapport de Maître et disciple. Elle cherche des Maîtres de vie, et ne trouve que des idoles et des idéaux frelatés.

Or, venus d’Orient, les Arts Martiaux traditionnels sont avant tout des ECOLES DE VIE. Leur but est de forger des hommes. L’ossature de cette formation est le BUSHIDO.

Pour accomplir la formation et les transformations nécessaires, se soumettre aux disciplines physiques et morales, il faut un Maître et avoir vis-à-vis de lui l’attitude du disciple.

Si dures que soient ces disciplines, elles sont acceptées librement. Elles sont l’affirmation d’une liberté supérieure. La plus haute liberté ne fleurit qu’au sommet d’une pyramide de disciplines.

Le Maître en Arts Martiaux est, d’abord, le disciple de son ou de ses Maîtres. Il reste leur disciple et se conduit comme tel. Il a subi une formation technique, physique et psychique qu’il peut transmettre à son tour. S’il a été bien formé, il est suffisamment modeste pour connaître les limites de sa connaissance. Mais, ce qu’il connaît, il peut le transmettre. Si donc il enseigne, il doit sans fausse modestie, prendre la responsabilité de la transformation de son disciple. Il doit l’assumer courageusement et se conduire de telle façon qu’il puisse lui servir d’exemple, non seulement de technique, mais aussi de caractère, de maîtrise et des autres aspects du BUSHIDO. Cette prise de responsabilité implique du courage, mais aussi la Tendresse du guerrier pour le disciple. C’est le respect du Maître pour le futur Maître qui dort en son disciple. Le disciple à son tour accepte d’être formé, même douloureusement, par son Maître et le respecte profondément. Ainsi Maîtres et disciples se forment mutuellement et se respectent réciproquement.

Cette attitude de respect doit s’étendre au dojo, où l’enseignement est donné, et la voie supérieure recherchée. Elle doit englober aussi les partenaires dans la même recherche. S’il y a respect, il ne peut y avoir vulgarité. L’âge, qui implique l’expérience de la vie, les anciens dans l’étude, les grades élevés, les débutants, les faibles, doivent être l’objet du respect passif et actif du ceinture noire. A son tour, en cela, il doit être un modèle. Le respect de soi-même, une dignité naturelle, sans affectation, pleine d’amitié doit caractériser le ceinture noire. Cette dignité se développe par la pratique du respect du Maître, mais aussi du respect de tous. Elle implique une conscience éveillée. Il faut surtout éviter la critique et le dénigrement des autres, car cette néfaste habitude a pour but inconscient de se louanger soi-même.  » Un tel est ainsi « , cela sous-entend :  » je ne suis pas comme lui « .  » Un tel a fait, a dit telle chose « , cela sous-entend :  » Moi je n’aurais pas dit, ou pas fait cela « . Rabaisser autrui est un moyen facile de se grandir, relativement à peu de frais. De telles pratiques sont indignes d’un ceinture noire. C’est de la prétention inconsciente. C’est seulement en apportant ce qui manque qu’on peut améliorer un homme ou une situation. Seul, le Maître, peut et doit critiquer, encore le fait-il avec mesure, courtoisie et bonté, ce qui n’exclut pas les fermetés nécessaires.

Pour respecter les autres, il faut pouvoir résister à ses propres passions : d’irritation, de colère, de désir, de peur, etc. Résister à ces entraînements passionnels, c’est le véritable respect de soi. Faire régner le Moi supérieur sur sa condition humaine, c’est faire preuve d’humanité vraie. La force d’âme, combinée au respect d’autrui et à la politesse, qui ne veut pas affliger ou gêner les autres, aboutit à une attitude stoïque. Dans le BUSHIDO cela est connu comme le contrôle de soi.

Le contrôle de soi :

Pour un samouraï, laisser paraître ses émotions sur le visage ou dans ses gestes est un manque de virilité.

 » Il ne montre aucun signe de joie ou de colère est la phrase usitée, pour décrire un haut caractère « .

Un tel homme doit contrôler et dominer ses affections les plus naturelles. Embrasser son épouse en présence d’autres personnes est contraire à sa dignité, qui lui fait aussi garder ses distances avec ses propres enfants.

A un observateur superficiel, ces coutumes peuvent sembler de la dureté de coeur. Pourtant, le samouraï, et le japonais en général, est aussi accessible aux émotions et à la sensibilité que quiconque au monde. On peut même penser que passions et émotions qui ne trouvent pas un exutoire dans des manifestations extérieures sont encore plus fortes et intenses.

Le calme, le comportement, l’égalité de l’esprit et du coeur, ne doivent être troublés et dominés par aucune passion. Les plus grands drames, sont vécus dans le silence. Nul ne voudrait attrister son hôte, son prochain, avec ses propres peines. Des nouvelles de parents chers, gravement malades, sont données avec détachement et même avec un rire, comme si c’était sans importance.

Inazo Nitobé raconte qu’il connaît l’histoire d’un père qui passa des nuits entières derrière la porte à écouter la respiration de son enfant malade : il ne voulait pas être surpris dans cet état de faiblesse paternelle. Il cite aussi le cas d’une mère qui, à ses derniers moments, s’abstint d’envoyer chercher son fils pour qu’il ne fut pas dérangé dans ses études. Les histoires héroïques de ce genre abondent au Japon, et trouvent toujours une résonance profonde dans le coeur des Japonais.

Quand homme ou femme sentent leur esprit ou leur coeur agités et troublés, le premier et instinctif mouvement de pudeur est de ne pas le manifester.

La sensibilité japonaise est choquée d’entendre des paroles sacrées, ou la vie secrète intérieure, étalées devant n’importe qui. Un jeune samouraï écrivait dans son journal :  » Sens-tu le tréfonds de ton âme remué par de tendres pensées ? C’est le moment où la semence germe. Ne la dérange pas en parlant, mais laisse l’oeuvre s’accomplir tranquillement dans le calme et le secret « .

Celui qui exprime avec abondance de paroles ses sentiments les plus intimes, c’est le signe certain que ces sentiments ne sont ni profonds ni sincères. Un dicton populaire le compare à  » une grenade « , …  » dés qu’il ouvre la bouche, il étale ce qu’il a dans le cœur « .

Chez le samouraï, le rire établit l’équilibre intérieur rompu, il est le contrepoids à la douleur ou à la colère.

La répression des sentiments et des passions ainsi fermement exigée et maintenue, accumule une grande quantité d’énergie.

Cette puissante énergie trouve son expression dans l’action, mais une issue de sûreté est donnée par la sensibilité esthétique et l’expression poétique.

Quand cette sensibilité, ce sens de la beauté et l’expression artistique sont soigneusement entretenus, ils confinent à la bonté et compensent heureusement ce que la dureté de la maîtrise de soi semble avoir d’impitoyable. De cette conjonction peut naître l’émouvante et forte tendresse du guerrier, BUSHINO-NASAKE.

La perfection de la maîtrise réside dans l’équilibre entre la contention des passions égoïstes et la libération des nobles élans de la nature humaine, purgée de ses étroitesses.

Cette puissante structure intérieure est l’aboutissement naturel de la culture selon le BUSHIDO. La compréhension entre ceux qui subissent les mêmes épreuves, les mêmes souffrances, les mêmes joies et les mêmes espoirs, fait naître l’amitié.

L’amitié, la bienveillance :

L’amitié est peut-être le plus pur des sentiments de l’homme. Vierge de passions, elle est sans doute une des formes les plus altruistes de l’amour.

Fondée sur la compréhension, l’estime et la confiance mutuelles, elle permet les échanges humains les plus élevés.

Pour que cette amitié soit authentique, l’homme doit vivre selon les principes du BUSHIDO.

A un degré suffisant, il doit posséder : rectitude, courage, bonté, politesse, véracité, sincérité, loyauté, désintéressement, détachement, sens de l’honneur, fidélité, modestie, respect, contrôle de soi.

Toutes ces facultés se conditionnent et se renforcent mutuellement. Il n’est pas possible de concevoir les unes sans les autres. Elles concourrent toutes à faire un homme complet, profondément équilibré.

Si un seul de ces principes fondamentaux du BUSHIDO fait totalement défaut, cette lacune entraîne la faillite des autres. Il n’est plus possible d’éprouver la confiance et l’estime réciproques, bases de toute amitié vraie.

L’amitié est un échange noble entre égaux.

Lorsque ce sentiment s’exerce à l’égard d’un plus faible ou plus ignorant, il change de nom et devient la bienveillance (qui n’est pas la condescendance).

A niveau égal, bienveillance peut exister sans échange mais elle reste un sentiment constructif, fait de compréhension et d’amitié, une des formes de la bonté. La bienveillance est indulgence pour les lacunes et défaillances d’autrui, encouragement pour les facultés naissantes.

Elle offre un climat favorable à chacun pour se développer.

Amitié et bienveillance sont les dispositions d’âme naturelles de l’homme fort : du samouraï, du chevalier. Leur absence est signe de faiblesse.

Le BUSHIDO est le Code d’honneur et de morale traditionnelle des pratiquants d’Arts Martiaux. Il est donc celui des judokas.

Il est vain d’acquérir les techniques du Judo et même de briller dans les compétitions, si la structure intérieure du judoka n’est que faiblesse et qu’il soit moralement invertébré.

JUDO, sans BUSHIDO, n’est qu’une apparence et ne peut faire illusion longtemps.

Il est donc capital que le Maître enseigne le BUSHIDO en même temps que le JUDO, et que le disciple s’efforce d’apprendre les deux qui, en réalité, ne sont qu’un.

Le respect rigoureux des principes du Bushido et de son étiquette, facilite les progrès en judo